Akame ga Kill!

Titre original : Akame ga Kiru!
Auteurs : Takahiro (scénario), Tetsuya Tashiro (Dessins)
Statut : En cours
Type : Shonen
Début de publication : 20 mars 2010
Licencié en France : Oui chez Kurokawa
Editeur : Square Enix
Magazine : Monthly Big Gangan

Synopsis : Afin d'aider son village natale, Tatsumi et deux de ses amis décident de rejoindre la capitale de l'empire dans le but de trouver du travail en tant que mercenaire. Séparé de ces derniers, Tatsumi va s'apercevoir que malgré le côté vivant de la capitale, celle-ci cache en vérité une facette sombre. Corruption et abus de pouvoir sont en effet choses courantes en son sein. Alors qu'il se retrouve par hasard confronté à cet aspect ténébreux, il va faire la connaissance des Night Raid, un groupe d'assassins éliminant tout ceux qui abusent des plus faibles.

Avis personnel : J’ai découvert Akame ga Kill alors que le manga se faisait encore très discret au niveau francophone grâce à une critique qui m’a fortement donné envie de me lancer dans ce manga. Malheureusement, peu de chapitres étaient traduits en français à ce moment-là et vu la qualité de cette œuvre cette attente n’était pas évidente. Finalement la traduction a repris et les sorties sont devenues plus régulières alors que l’anime a été annoncé et débutait. Ce dernier rattrapant les scans français, je ne voulais pas découvrir la suite de l’histoire dans l’adaptation animée c’est pourquoi je me suis finalement mise à lire les scans anglais que j’ai dévorés en très peu de temps jusqu’à rattraper les sorties japonaises.

Honnêtement, Akame ga Kill mérite pour moi un bien plus grand succès que ce qu’il n’a. C’est une œuvre à part entière qui sort des sentiers battus. A ses débuts, on s’attend à un shonen relativement basique mais en fait pas du tout, l’histoire prend très rapidement une tournure sombre et sanglante que j’ai énormément apprécié, nous sommes très loin du monde des bisounours où tout va pour le mieux pour nos héros. Nous sommes confrontés à une société dure et cruelle où il est difficile de trouver sa place et d’imposer ses choix surtout selon le milieu de naissance. Au cours de l’histoire, nous allons suivre l’armée de révolutionnaires, Night Raid, dont les membres sont prêts à risquer leur vie pour changer cette société.

Nous allons découvrir ce monde en même temps que Tatsumi qui quitte son village natal afin justement de faire évoluer les choses, il fera rapidement la rencontre de Night Raid qui sont considéré comme les ennemis de la société alors que finalement ce sont eux qui sont du côté du bien (selon sa propre interprétation bien sûr). Tatsumi décide de soutenir leur cause en les rejoignant et en leur apportant son aide. Nous allons donc petit à petit faire la connaissance des principaux protagonistes de cette histoire. Chaque personnage a une personnalité et un passé qui lui est propre et surtout qui l’a poussé à rejoindre l’armée révolutionnaire, nous allons les découvrir et rapidement nous attacher à eux. Jusque-là, la tournure des évènements n’a rien de véritablement innovant mais là encore nous ne sommes pas au bout de nos surprises ou de nos peines. Combien de fois j’ai dis que j’étais agacée qu’il n’y ait jamais ou presque de morts du côté des gentils ? Et bien s’il y a une chose que je ne peux pas reprocher à Akame ga Kill c’est bien ça ! Et oui, les auteurs ont l’art de nous faire nous attacher aux personnages pour finalement les tuer d’une façon bien gore et trash. Dès le départ, on comprend donc que personne n’est à l’abri et qu’aucun combat n’est gagné à l’avance. Ce concept est pour moi l’une des plus grandes forces de ce manga, après tout c’est ça la guerre, les morts ne sont pas uniquement du côté des « méchants ». 

Ce n’est pas un hasard si j’ai mis ce mot entre guillemets, j’en viens justement à la seconde plus grande force d’Akame ga Kill qui est donc le camp des « méchants ». Au fil de l’histoire, nous allons découvrir le groupe s’opposant directement aux Night Raid, les Jaegers dont le célèbre général Esdeath est à la tête. Parmi eux, beaucoup de personnalités attachantes comme c’est le cas chez les Night Raid. De la même manière, nous allons les découvrir et en apprendre plus sur eux, naturellement nous allons nous attacher à l’un ou l’autre d’entre eux pour finalement… le voir potentiellement mourir. Car oui, c’est une évidence, aucun camp n’est épargné par la mort. Ce qui est intéressant, c’est que selon leur vécu personnel, les personnages feront le choix de rejoindre les révolutionnaires ou le gouvernement mais bien qu’on ne peut pas soutenir les pratiques de ce dernier, on peut comprendre les raisons qui pousse les Jaegers à avoir rejoint ce camp.

Naturellement, chaque groupe va éprouver de plus en plus de rancœur et de haine vis-à-vis de l’autre  qui a pris la vie de plusieurs de leurs camarades, cette opposition constante est parfaitement mise en scène et devient de plus en plus importante au fil du temps. S’ajoutant aussi à ça la relation Tatsumi/Esdeath qui est vraiment intéressante surtout au niveau de l’approfondissement de la personnalité de cette dernière. Esdeath est un personnage que j’apprécie beaucoup, elle est charismatique, puissante et sadique, dernier trais de caractère qui va totalement disparaître quand elle se retrouve aux côtés de Tatsumi. Honnêtement, quand j’ai vu qu’elle tombait si facilement amoureuse de lui je me suis dis que c’était d’une absurde inutilité, je ne voyais pas ce que ça pouvait apporter à l’histoire et je trouvais que ça dénaturait la personnalité d’Esdeath mais en fait pas du tout. Cet aspect permet vraiment d’approfondir le personnage lui donnant une toute autre dimension, à plusieurs reprises elle jonglera entre ses deux personnalités et ça la rend encore plus intéressante.

Pour continuer avec les personnages, il y a en a vraiment pour tous les goûts, personnellement et en plus d’Esdeath, j’apprécie évidemment beaucoup Akame. C’est un personnage qui dégage également puissance et charisme, son style de combat est classe et j’aime bien son côté décalé dans la vie quotidienne, le contraste est vraiment sympa. Dans les autres personnages, à vrai dire, aucun ne me déplaît ils ont tous leur charme mais si je devais en citer encore deux ce serait Leone dont le style et l’humour m’ont bien accrochée ou encore Najenda que je trouve classe et qui a un bon chara-design. Je regrette juste qu’elle n’ait pas d’avantage de combats et parfois elle est trop effacée à mon goût surtout que son histoire et son passé notamment commun avec Esdeath est vraiment intéressant. En ce qui concerne Tatsumi, c’est un bon héros. Visuellement il semble classique et au départ j’avais peur qu’il soit agaçant mais en fait non, j’aime bien l’évolution du personnage et ses relations avec les autres protagonistes. Il sait ce qu’il veut, agit sans hésiter et surtout il ne fait pas preuve de trop de bons sentiments. J’ai également beaucoup apprécié le Teigu qu’il utilise et surtout comment il l’a récupéré. Du côté des Jeagers, j’aime bien Bols dont la personnalité contraste totalement avec son aspect physique, de plus son personnage est bien approfondi et on s’attache rapidement à lui. Sinon, Seryu est un excellent personnage également, la première fois qu’on la voit elle nous est présentée comme une fille gentille et gaffeuse alors que finalement c’est une vraie tarée qui tombe de plus en plus dans la folie mais là encore, au vu de son vécu ça se comprend tout à fait. Wave m’a bien plu également, il a clairement le même « rôle » chez les Jeagers que Tatsumi chez les Night Raid, j’ai énormément apprécié l’évolution de son personnage et son attachement grandissant pour Kurome (partie qui passe en grande partie à la trappe dans l’anime malheureusement). Concernant cette dernière, son opposition à sa sœur est très intéressante, pas encore suffisamment développée dans le manga pour l’instant mais j’ai hâte de voir la conclusion de leur affrontement.

Je reviens brièvement sur l’opposition entre le clan Night Raid/Jeagers. C’est pour moi l’un des aspects que j’apprécie le plus dans Akame ga Kill, j’ai rarement vu un manga qui faisait s’affronter deux groupes aussi charismatiques. C’est vraiment génial de voir la haine qu’ils éprouvent les uns pour les autres grandir, c’est parfois à se demander qui sont les gentils et les méchants car d’un côté comme de l’autre ils arrivent à tuer sans remords. De plus, les groupes de « méchants » sont souvent peu attaché les uns aux autres et si l’un deux venait à mourir il se ferait rapidement remplacer sans que ses camarades ne s’en retrouvent attristés et ce n’est justement pas le cas des Jeagers. Ils tiennent tous les uns aux autres et même Esdeath et son sadisme a du cœur et éprouve un attachement pour eux, c’est un excellent point car c’est justement ce qui nous permet de nous attacher à eux.

Il n’y a pas uniquement le scénario qui est de qualité, c’est également le cas des dessins qui sont très agréables. Le trais est très shonen pour une histoire aussi mature et le résultat est une réussite. Pour parler brièvement de l’adaptation animée, cette dernière est dans l’ensemble sympa. Elle a l’avantage de bien suivre l’histoire avec un bon rythme et aucune longueur mais il n’y a franchement aucune prouesse graphique et niveau musique, mis à part quelques pistes, ce n’est pas extraordinaire. J’aurais rêvé d’une adaptation de production I.G. / WIT Studio avec Sawano à l’OST, c’est ce qu’aurait mérité Akame ga Kill mais malheureusement il n’a pas eu cette chance. Enfin ça reste vraiment réussi en comparaison à d’autres adaptations ! Sur la fin on part donc complètement en HS avec de l’inédit afin de conclure l’histoire. J’avoue qu’au départ j’ai crié au scandale comme je déteste quand l’anime dévie du manga mais finalement ce n’est pas mal du tout, il faut juste digérer le fait qu’une des meilleures parties du manga ne se voit donc pas adaptée. Il faut dire que le choix du studio était intelligent surtout si aucune suite n’était prévue. De ce fait, nous avons droit à un début et une fin, le style du manga est respecté et bien que ce ne soit pas parfait c’est plutôt pas mal.

A me lire, Akame ga Kill est un manga qui n’a aucun défaut, ce n’est pas tout à fait faux. Honnêtement il y a peu de choses que je peux lui reprocher, il m’a entièrement conquise mais il y a malgré tout une chose qui me dérange un peu et qui est en rapport avec la mort des personnages. En effet, les morts sont donc soudaines et plutôt trash ce que j’apprécie mais je trouve que les personnages restants s’en remettent presque trop vite. Alors oui, il y a la rancune envers les meurtriers qui, elle, reste mais je trouve qu’il manque un petit développement interne dans chaque groupe après la mort d’un de leur camarade. Parfois c’est plus prononcé que d’autres mais certaines morts ne sont que trop vite survolées, à la mort du premier membre des Night Raid on s’arrête un peu dessus mais plus on avance et plus j’ai l’impression que les autres sont moins touchés par les nouvelles pertes. Ça reste un détail car c’est loin d’être bâclé et il est évident qu’un chapitre complet de deuil général à chaque fois serait lourd mais s’il n’y avait ne serait-ce qu’une ou deux pages pour un dernier hommage ce serait juste parfait !

Je crois que j’arrive gentiment au terme de cette critique. Akame ga Kill est un manga très intéressant qui sort des sentiers battus du Shonen classique, tout en gardant les codes généraux du genre, on se rapproche beaucoup plus du Seinen et c’est un régal pour des personnes qui, tout comme moi, commencent à avoir un trop plein de Shonen débordants de bons sentiments. Pour moi c’est une œuvre à ne manquer sous aucun prétexte sauf si vous êtes quelqu’un de sensible car il est vrai que certaines scènes peuvent choquer par leur violence. Pour conclure, je recommande évidemment chaudement ce manga qui est l’un de ceux qui m’a le plus marquée ces dernières années !

Couvertures des tomes

Quelques Screenshots